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Honda 250 XLS n°16 J-Pierre Dos Reis
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dos REIS



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MessagePosté le: Mar 06 Sep 2005, 14:59    Sujet du message: Honda 250 XLS n°16 J-Pierre Dos Reis Répondre en citant

Il y a une erreur dans les statistiques de 1979, Guy Albaret (excellent pilote d'enduro et de trial) n'était pas sur une Honda mais sur une Yamaha XT500 engagée par le magasin Challenge 94 concessionnaire Yamaha de Alain Bard engagé lui même en assistance sur un toyota BJ80 long.
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Seb



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MessagePosté le: Mar 06 Sep 2005, 15:11    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Merci beaucoup, c'est corrigé : http://www.dakardantan.com/voir-equipage-1150-1979-d4ea21.html
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Jeff



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MessagePosté le: Mar 06 Sep 2005, 15:35    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour l'info. Le nécessaire est fait!!
Voilà tout l'intéret d'avoir parmi nous les acteurs de ce premier Dakar pour nous donner des infos ou rectifier nos erreurs. En effet, Jean-Pierre Dos Reis est le N°16 de ce premier Dakar! D'après ce que je sais, (mais J-Pierre mieux que quiconque nous en dira davantage), il était à l'époque concessionnaire HONDA et a constitué l'équipe MOTO-MARNE avec Christian Desnoyer. Sa course fut superbe puisqu'il finit 20ème alors que le but premier devait être l'assistance de Desnoyer!
A+
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Jeff



Inscrit le: 07 Sep 2004
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MessagePosté le: Mar 06 Sep 2005, 15:43    Sujet du message: Répondre en citant

Jean-Pierre Dos Reis vient de me faire passer un mail qui esplique un petit peu mieux son Dakar et celui de son équipe: je vous le livre donc afin que tout le monde en profite!!!!:

"Jean-Pierre dos Reis concurrent n°16 Honda 250 XLS.
Concessionnaire HONDA sur les bords de Marne au Perreux 94 .
Pour le magasin, courent Christian Desnoyer champion de France de trial et Patrice Taravella. un ami.
Moto Marne s’est chargé de la préparation des motos, trois 250 XLS dont une à la charge de Honda France pour Desnoyers avec un moteur légèrement plus puissant transformé par nos soins avec des pièces Mugen fournies par l’importateur qui ne voulait pas s’engager officiellement mais nous a aidé largement, en plus du DAKOTA qui transportera toutes les pièces de rechange de tous les pilotes Honda et une assistance rapide par un Toyota piloté par le regretté Jean-François piot, pilote de rallyes extrêmement rapide en auto (il a du faire 2 fois la distance tellement il allait à droite à gauche et en arrière pour assister tout le monde).
Personnellement je pars pour faire l’assistance volante de Desnoyers qui est Ultra rapide à l’entraînement et me dépose sur place comme s’il me manquait une vitesse, nous n’avons aucune chance de gagner contre des 500cc, mais nous ne partons pas pour faire de la figuration.

Départ Paris, du Trocadéro le matin du x décembre 1978
Direction Montlhéry, là, prologue court, terrain très gras avec ornières, Christian Desnoyer termine 1er.
Je termine 5ème moto (et scratch évidemment vu le terrain).
Dans les 5 premiers il y a Vassard et d’autre rapides.
Le temps de s’habiller et nous partons pour Marseille par les routes nationales, départ début d’après midi, arrivée de nuit évidemment (jours les plus courts de l’année).
Le soir à l’hôtel, le lendemain matin embarquement sur le bateau, une journée de traversée avec une mauvaise mer, pour arriver tôt le lendemain à Alger, d’ou nous aurions dû partir de suite mais…….. ?
Suite à des problèmes de dédouanement nous restons bloqués une journée sur le port d’Alger, enfin vers 20h Thierry Sabine nous fait partir en convoi escorté par l’armée algérienne, nous traversons l’Atlas de nuit, je connaîtrais là le moment le plus dangereux et le plus pénible du rallye, nous roulions les motos en tête en peloton comme les cyclistes du tour de France, la moindre chute aurait été une catastrophe entre 60 et 90 Kmh, le froid sous zéro (on avait pas prévu, l’Afrique de jour c’est chaud) nous gelait les doigts et le corps peu vêtu, je conduisais la main gauche derrière le moteur dans les montées et la droite idem dans les descentes. Après quelque heures de ce traitement, nous arrivons à Laghouat ou on nous fait coucher dans un vaste enclos à chameaux vide, tout habillé avec mes bottes je grelotte toute la nuit dans mon duvet léger, il fait -5°, au lever vers 6h la Honda est pleine de glace, mais on a hâte de partir.

Rappelons un élément important, dans ce 1er Dakar, nous devions nous débrouiller pour chercher de quoi manger par nous même, il n’y avait pas de roulante ni de ravitaillement de prévu, cela n’a l’air de rien, mais parti à 78Kg je suis arrivé à 66Kg, cela 3 semaines après, je ne mangeait pratiquement rien et buvait ce que je pouvais pendant les arrêts, il m’est arrivé une fois de rester 48 heure sans manger du tout dans la 1ère semaine, je n’ai jamais comme certains été mendier de la nourriture aux concurrents des camions.

À suivre…………."


Que du bonheur!!!!
Merci pour nous replonger dans cette première édition!
A+
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dos REIS



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MessagePosté le: Sam 15 Oct 2005, 14:57    Sujet du message: Suite du message Posté le: Mar 06 Sep 2005, 15:43 Répondre en citant

Au départ de Laghouat, très tôt le matin, toujours du froid, mais le soleil sort vite de l’horizon, magnifique il nous réchauffe très vite et on se retrouve en tenue normale quelle bonheur, à partir de ce moment nous n’aurons plus froid.
Toujours en liaison depuis Montlhéry.
En arrivant à Gardaïa je retrouve une grande partie du rallye, des autos déjà en panne, des concurrents qui déjeunent tranquillement, Desnoyers passe devant moi et nous taillons la route toujours sur le bitume, pas sans problème car à la sortie de la ville en courbe un camion du coin a perdu un fût d’huile qui s’est étalée sur la chaussée, Desnoyers toujours pressé devant moi n’y échappe pas et se ramasse sa première gamelle, j’ai eu le temps de voir le coup et je traverse le tout façon icetrack comme par miracle sans chuter. Plus de peur que de mal, rien de cassé, rien de tordu, on repart.

El Goléa / Timimoun / Adrar / Réggane.
Dans ce long tronçon il m’arrive quelque chose de pas banal, comme un mirage mais à l’envers, seul dans le désert, je roulais en liaison depuis un long moment avec Desnoyers et le Toyota de Piot lorsque ils décident de faire le plein sur la transsaharienne dans une des rares vieilles stations et dernière avant longtemps, en tout cas avant l’arrivée du soir, là ils font le plein en premier, je les laisse partir devant en les prévenant que je les retrouve à l’arrivée. Cinq minutes après leur départ je prends la route en me disant que je suis peu loin derrière ce qui me rassure en cas de problème de Desnoyers je serais vite là et en mettant la gomme, je vais bien les rattraper !!
Au bout d’une demi-heure personne devant moi ??? je roule à fond et encore une demi-heure après, toujours personne, je m’allonge sur la Honda, une main sur la poignée de gaz, l’autre sur le tube de fourche entre les deux tés, le ventre sur le réservoir, la tête derrière le saute vent, je ne peux pas aller plus vite le moteur tourne à fond et ce sera comme cela le temps d’user le plein des deux réservoirs car j’arriverais à Réggane presque à sec sans jamais rattraper Desnoyers et Piot, mais ce qui m’inquiète c’est qu’ils ne sont pas là, je suis arrivé avant eux, mais comment est-ce possible, ils n’ont pas pu se perdre, nous n’avons pas quitté la transsaharienne et il n’y avait qu’une piste qui croisait vers le milieu et encore indiquée par un fameux panneau que beaucoup connaissent « carrefour à 40 km » et même si je sais que la 250 XLS de Desnoyers est plus rapide que la mienne car plus puissante, je pense qu’il n’a pas comme moi mis la poignée au taquet en liaison pendant des heures avec le risque que cela comporte pour la machine. Alors ????
Un quart d’heure plus tard je les vois arriver, goguenards, le sourire en coin, Bah alors me dit Christian, tu ne t’es pas arrêté, on t’a fait des grands signes, tu nous a pris pour un mirage et tu nous a rasés, on était sur le bord du bitume à presque 50 bornes d’ici en train de refaire mon plein avec un jerrican (sa Honda était plus rapide mais consommait aussi plus que les autres).
En fait, ce qui s’est passé, c’est que plusieurs heures de ligne droite pleins gaz, le menton au dessus du moteur, absolument seul dans le désert ou le croyant alors que je roulais certainement moins de 10Km derrière eux, j’ai atteint un tel abrutissement et une telle fatigue que je ne voyais plus rien que le ruban devant moi et je les ai rasés à fond sans les voir, ni eux ni personne d’autre. J’en garde un souvenir amusé bien que sachant en quel danger je me suis trouvé, complètement amorphe et à moitié groggy par le ronron du moteur, certainement pas prêt à réagir à un éventuel piège.
Le soir on a dormi sur du béton, mais bien dormi.
A suivre.......
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Jeff



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MessagePosté le: Lun 17 Oct 2005, 00:26    Sujet du message: Répondre en citant

Génial!!! J'imagine la trouille à postériori quand tu réalises que tu aurais pu passer quelques centimètres à côté et percuter tes potes!!!! Et j'imagine la surprise de ceux-ci quand ils t'ont vu passer la poignée dans le coin sans vouloir t'arrêter alors qu'ils te faisaient signe!!!!!
A bientôt pour la suite!!!
A+
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Jeff



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MessagePosté le: Mar 25 Oct 2005, 13:08    Sujet du message: Répondre en citant

Juste pour que l'on mette un visage sur Jean-Pierre qui nous tient en haleine avec le récit de ce premier Dakar, je vous poste la seule photo que j'ai:



Tirée du livre de Michel Delannoy "Les portes du rêve", on apperçoit Jean-Pierre Dos Reis aux côtés de Martine de Cortanze...Il finira d'ailleurs classé juste derrière elle alors que lors de la dernière étape, il lui aurait été facile d'inverser le classement!!!....Du coup, Jean-Pierre, si tu as d'autres clichés de l'époque, on est preneurs!!!
A+
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dos REIS



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MessagePosté le: Mar 08 Nov 2005, 14:00    Sujet du message: Super Répondre en citant

Je ne la connaissait pas celle là, je vais chercher le livre.
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dos REIS



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MessagePosté le: Mar 08 Nov 2005, 14:04    Sujet du message: Le livre Répondre en citant

"les portes du rêve" c'est le sous titre (un livre à déjà ce titre) le titre est" premier Paris Dakar 1979" si je ne me trompe.
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dos REIS



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MessagePosté le: Mar 08 Nov 2005, 14:11    Sujet du message: Suite du message posté le sam 15 oct 2005 Répondre en citant

Réggane / In Salah.
Départ sur le bitume, comme je suis classé 5eme au scratch depuis le prologue je pars donc dans les premiers et commence par me tromper immédiatement de piste comme 2 autres devant moi, je reviens en arrière, 5 mn de perdues, on en verra d’autres mais je ne veux pas être trop loin derrière Christian au cas où ?
L’étape est très roulante et ma petite cylindrée se fait doubler par les gros cubes, ce qui me vaudra avec les arrêts assistance aux copains et autres de me retrouver dans les 80èmes à Niamey, mais ça je ne le sais pas encore.
Une heure environ après le départ je me fais rattraper par Alain Bard le boss de CHALLENGE 94, mon voisin au Perreux et concessionnaire YAM, avec qui je suis plus qu’en froid, bêtement d’ailleurs, me reconnaissant il ralentit, se place devant moi et remet la « patate » au maximum, avec ses crampons neufs et son gros mono de 500cc, je me prends une grosse projection de sable et de cailloux en pleine figure, ça fait mal et dans ma colère je lui jette un sort : « salaud, j’espère que tu va te casser la gueule avant ce soir » en arrivant sur la ligne d’arrivée le soir, je le vois avec un beau plâtre au bras, rallye terminé pour lui, je le regarde un sourire en coin, on s’est compris !
Le soir, excellent souvenir, le rallye est convié par les habitants de la ville à un grand couscous méchouis etc.. moutons entiers tournant à la broche sur feu de bois, hospitalité légendaire sur fonds de soleil couchant sur les dunes, le ciel étoilé est notre toit, le bonheur quoi !
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Jeff



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MessagePosté le: Mar 08 Nov 2005, 15:49    Sujet du message: Répondre en citant

Si tous les sorts que tu jettes se réalisent, sois gentil avec nous et souhaite nous longue vie et plein de moments partagés comme celui-ci!!!!! J'adore!!!
A+
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dos REIS



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MessagePosté le: Dim 15 Jan 2006, 16:11    Sujet du message: dos REIS Répondre en citant

A partir de là mes souvenirs s’estompent et manquent de précision en lieu et temps, 27 ans déjà, alors les voici en vrac.

Dans la première étape j’ai fait un choix osé : plus de road book. A l’époque on collait le matin le parcours de la journée sur le réservoir et on effeuillait au fur et à mesure, seulement regarder son réservoir en roulant dans les ornières ou les pierres c’est risqué, une frayeur ça va, deux ça dérange, trois ça énerve, à la 4 ème après un gros coup au cœur et un rattrapage miraculeux le ventre sur le guidon en embrassant le bout du garde boue avant, j’attrape les feuilles et de rage arrache tout, je décide de me passer des notes de T.S.O. et de fait je ne me perdrais jamais, un bon coup d’œil avant le départ m’a toujours suffi, je ne me suis égaré qu’une fois, du moins je croyais l’être, ayant devant moi une ligne de montagne continue avec au milieu un défilé formant de loin un grand V ou je savais devoir passer, je décide de couper direct vers ce passage alors que la piste fait un grand arc de cercle, au bout d’un quart d’heure seul roulant sur la croûte qui craque sous mes roues, je commence à me poser des questions, à perte de vue aucun signe de rallye, je décide d’obliquer sur la droite pour rattraper la piste, un quart d’heure après, rien, j’oblique encore un peu si bien que le défilé est complètement à ma gauche, je roule encore et aucun signe de piste ni de vie, je stoppe, silence complet, le silence m’effraie, rien ne bouge et je suis là perdu dans le désert, du moins je le pense, à des Km à la ronde tout est plat, c’est le vide, mais comment ais-je fait pour me perdre, je m’assoie et commence à gamberger, c’est mauvais, quand tout à coup un ronronnement lointain augmente et se rapproche, puis un nuage de poussière apparaît et grossit, me fonce dessus et me rase plein pot, une 500 XT, je m’avance vers la trace de son passage et découvre la piste, j’étais arrêté à 20 m et ne la voyais pas, le désert est plein de surprises, la piste en perpendiculaire était invisible, j’en tire la leçon, dans le désert on doute vite de tout, rien de sûr, bizarre étrange et plein de surprises, bonne leçon.

A Tamanrasset après une longue et épuisante journée de plus de 700km , je m’approche avec un copain motard d’un « hôtel », le bec enfariné avec nos habitudes de confort, croyant trouver un lit, là des concurrents sont en train de s’engueuler vertement en se discutant la dernière piaule, ils ont pété les plombs, c’est sûr, on en apprend tous les jours sur les gens, c’est vrai que la majorité du rallye est très sport et l’entraide est partout, mais il y aura toujours un noyau d’abrutis adepte du chacun pour soi et bizarrement ce sont souvent les mêmes poireaux qui se traînent et se plaignent de tout, enfin, nous on va se coucher dans le sable en rigolant un bon coup.
Le lendemain soir je me retrouve dans une oasis près d’un poste militaire, rien à manger, un motard me donne une poignée de dates, je bois un coup au point d’eau qui a un affreux goût de souffre et après avoir réglé la Honda , je pars aider les copains biens contents d’avoir un concessionnaire avec eux, tous les soirs se passeront ainsi, les gars viennent me demander des conseils et ensuite c’est moi qui fais le tour du parc.
Un matin, une triste nouvelle, un jeune s’est tué, en se rendant de départ il est tombé dans un trou, le moral en prend un coup. Pour ma part je ferais dans tout le rallye 8 chutes dont 5 dans Bamako-Nioro ou je serais malgré une crevaison parmi les 6 ou 7 à l’arrivée dans les temps, les autres dormiront sur la piste ou arriveront pendant la nuit, hors temps, ce jour là j’ai vraiment bien roulé et le lendemain aussi dans Nioro-Kayes en arrivant 5 ou 6 après avoir trouvé Vassard presque à l’arrivée avec une roue explosée, je lui aurais bien donné la mienne mais je n’en avais pas d’autre pour moi et personne pour m’assister, j’ai vite prévenu mais il était déjà dépanné.
Dans Bamako-Nioro, terrible journée, j’arrive près d’un pilote connu (pas de nom SVP) sur une Yam, il est là penché sur sa moto, un briquet à la main et veut y mettre le feu pour abandonner honorablement envers ses patrons et ses sponsors, il n’en peut plus, je lui remonte le moral et on repart, il ira au bout du rallye, tant mieux.
Un jour je roule en brousse sur une piste sinueuse avec beaucoup de végétation autour quand tout à coup devant moi je vois un toit de Toyota comme posé au sol, je l’évite de justesse, le pilote qui est tombé dans un trou de la taille du Toy est en train de pelleter avec son navigateur pour faire une pente devant et en sortir, ça ne les empêche pas de rigoler, il faut dire qu’ils sont indemnes et n’ont rien cassé, ça met de bonne humeur, ils voient d’abord le bon côté des choses.
Entre Reganne et In-Salah ou Tamanrasset peut-être, j’ai fait connaissance avec le fech- fech, le sabot de la moto pousse la poussière tellement on s’enfonce dans les ornières, pour un trialiste pas de problème, debout bien en arrière on déleste au maximum mais on consomme plus et ça chauffe dur, heureusement j’ai monté des radiateurs d’huile, sinon c’est la casse, là ou ça se complique c’est que tout à coup un vent de sable terrible se lève et m’entoure , plus de repères, dans ce cas tous les motards on connu le doute de l’orientation, alors on roule côte à côte en essayant de ne pas se perdre de vue, un œil sur le copain, un autre sur la piste (ou ce qu’il en reste), tout à coup c’est l’horreur, devant moi un énorme camion, heureusement phares allumés, évidemment il est de couleur sable, style vieux Berliet à moteur en avant, j’ai failli y rester et je pense qu’il ne m’a pas vu, il roule face au rallye, j’angoisse pour les autres, on n’est jamais seul dans ces contrées, je le vérifie à un autre moment en dépannant un motard en panne d’allumage, tout est désert autour de nous et tout à coup on voit sortir d’on ne sait où des gens attirés par le bruit, alors qu’il n’y a aucune habitation à l’horizon.

Un soir une foule nous attend à l’arrivée, plein de coopérants français habitent là au milieu du désert, les hommes sont absents depuis plusieurs jours, les femmes nous accueillent et nous offrent l’hospitalité, un repas, une bonne douche, j’apprendrais le lendemain que certaines ont offert un peu plus, seules depuis un certain temps et délaissées, l’euphorie du rallye, l’aura et le charme des pilotes a fait le reste…pas de détail ni de noms !

L’entraide entre concurrents ça existe, en voici quelques exemples : Bamako-Nioro du Sahel, l’enfer, vers la fin de la spéciale j’ai peur de la panne d’essence, environ 1 heure avant l’arrivée je tombe sur Olivier le boss de Yamaha il attend son assistance pour réparer, il n’hésite pas un instant à me donner son essence, je suis sauvé, je croise encore Cyril Neveu en panne également et quelques minutes avant l’arrivée Hubert Auriol lui aussi arrêté, je pointe mon carton et fonce prévenir les assistances des 3 lascars.
Le plus bel exemple d’entraide j’en ai été bénéficiaire le seul jour ou je me suis laissé prendre par la nuit en liaison avant d’arriver à Gao, je me trouvais sans lumière dans le noir complet, je roulais en aveugle, en première, guidé par l’ornière mais encore loin de l’arrivée sans pouvoir me repérer, sur de coucher sur place avec la trouille de me faire rouler dessus, de plus des lumignons luisaient au loin ou tout près, impossible de le dire, j’avançais à 5 ou 10 à l’heure avec la peur de toucher quelque chose ou quelqu’un, jambes écartées traînant dans le sable, tout à coup un ronronnement et c’est comme si on allumait la lumière, le jour se lève, non, c’est un Toyota qui arrive loin derrière moi, un vrai arbre de noël, des phares à iode partout, miracle, j’enclenche la seconde, troisième etc. et je finis par rouler au maximum dans le faisceau lumineux pour ne pas retarder mon sauveur, comme il me colle je tremble à l’idée de tomber devant lui, je roulais environ à 80/90 à l’heure, il aurait pu me dépasser et m’abandonner dans le noir et sa poussière, il ne l’a pas fait, il a disparu à l’arrivée,chapeau noble inconnu.

Jusqu’à Niamey j’ai assisté Christian Desnoyers et d’autres et me suis retrouvé classé dans les 80ème , là Christian a dû abandonner après une grosse chute et une épaule durement touchée, il fallait vite le remettre en forme car il était en plein championnat de France de trial qu’il dominait, de plus malgré sa 1ère place au prologue de Montlhéry, nous pensions qu’il ne pourrait plus se placer avec seulement 250cc, nous avions tort, nous ignorions que la puissance allait devenir moins prépondérante dans la suite du rallye, n’ayant plus personne à assister je suis remonté moi même de la 80ème place à la 12ème moto, Christian était tellement plus rapide que moi qu’il aurait fait bien mieux, mais on ne le saura jamais.

Un jour roulant en liaison, je rattrape une concurrente bien connue dont la Yam à l’air de se traîner, mais la moto n’y est pour rien, elle a mangé dans une vieille gamelle et a attrapé une bonne turista, elle veut se délester d’urgence mais a peur de s’enfoncer seule dans la brousse, je l’accompagne et comme cela tombe bien pour moi aussi on se retrouve tous les deux assis sur la même branche en train de s’alléger en blaguant sur la photo à prendre, ça ferait bien dans moto-journal.

De moins bonnes images ressurgissent parfois comme ces soldats cravachant les enfants qui veulent nous approcher ou cet autre envoyant un grand coup de pistolet à essence à un gamin qui vient trop près des pompes pour nous admirer.
Ailleurs des gens font leurs besoins devant nous sur le bord du chemin sans être gênés, et cette femme qui se lave les fesses dans une cuvette à coté de l’étal ou un homme vend de la viande que nous ne pouvons voir tellement elle est couverte de mouches qui font la navette entre l’eau sale et la barbaque.
L’angoisse quelquefois comme ce jour ou je rentre dans un minuscule poste frontière ou un douanier zélé ramasse les passeports des concurrents et les empile sans les contrôler, je vais pour rouspéter quand un concurrent me dis de me taire, le douanier a déjà menacé de prendre son temps et de mettre les rouspéteurs en prison et vu la cellule d’à côté, je la ferme comme les autres, en effet il prendra tout son temps comme pour nous montrer que l’autorité, c’est lui.
Un soir j’ai aidé des Peuls à remonter un cardan de Land-Rover, il oubliaient les clips et mettaient du sable avec la graisse, pour me remercier ils m’invitent à prendre le thé dans leur campement, quelques jeunes filles viennent s’asseoir avec nous, elles sont là à me dévorer des yeux et me sourire, dieu quelles sont belles. Un énorme tas de sacs de dattes est la et sous les sacs, télés et magnétoscopes en masse, contrebande ??
Deux ou trois choses sur Martine, toujours le sourire, la bonne humeur et prête à rendre service, un soir elle à avec son mari une chambre avec douche, rare événement, après s’être douchée elle prêtera sa douche à un tas de concurrents en file indienne devant leur chambre. A Gao on nous prévient qu’il vaut mieux rester groupés pour la nuit à cause des voleurs, Martine n’est pas tranquille, pour dormir elle passera la nuit sous un Toy entourée de concurrents regroupés.
L’épisode du pont est moins drôle, elle choisit de passer sur le pont du chemin de fer (très Haut), moi habitué au gués et ruisseaux en trial je traverse la rivière, beaucoup de concurrents y noieront leur moteur ou auront du mal à sortir du bourbier qui suit, le moteur est dans l’eau, les pieds aussi, il ne faut pas s’arrêter au milieu, l’eau rase le filtre à air mais je sors et monte le bourbier comme une fleur pour aller au devant de Martine que je retrouve bouleversée, elle est tombée sur les rails au milieu du pont et s’est fait la peur de sa vie pendue dans le vide, elle a du mal à repartir, on la comprend.
Le jour de l’arrivée sur la plage entre Louga et Dakar, départ en ligne, bouchon, je pars mal mais ne tarde pas à rattraper Martine, elle a une minute d’avance sur moi au général mais son moteur a mangé tant de sable et sa moto manque de puissance, je peux lui mettre plusieurs minutes dans la vue et gagner une place, mais voilà elle courre comme moi pour Honda et est classée 1ère femme, alors je lui fais signe de se mettre en aspiration derrière moi, et ça marche, sa moto prend des tours et même à fond, si elle reste bien collée derrière elle tient la même vitesse que moi et cela jusqu’à l’arrivée, je n’ai pas repris ma minute mais tant mieux.
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Jeff



Inscrit le: 07 Sep 2004
Messages: 2535
Localisation: Roanne

MessagePosté le: Dim 15 Jan 2006, 16:25    Sujet du message: Répondre en citant

Génial!!! Que du bonheur!!!!!!
Toutes ces anecdotes montrent l'autre aspect de la course avec toute sa dimension humaine!!! Vraiment excellent de pouvoir partager ces quelques souvenirs avec ceux qui ont écrit l'histoire et qui nous ont fait rêver (et qui continuent!!!).
Merci Jean-Pierre pour ce moment à se croire en train de vivre ce premier Dakar!!!!! On a presque l'impression de l'avoir chacun un peu vécu!!!!
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José



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Messages: 1047

MessagePosté le: Lun 16 Jan 2006, 08:20    Sujet du message: bravo Répondre en citant

Merci beaucoup pour ces lignes superbes.

C'était donc en 1979, 1er dakar... Ouf! Je n'y étais pas ... Je fais référence à l'anecdote concernant l'accueil "chaleureux" des femmes seules du village.
J'y étais l'année suivante.... Je n'ai pas trouvé le lieu ... Hélas!
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NEIMER Bernard
Invité





MessagePosté le: Dim 21 Jan 2007, 23:31    Sujet du message: MERCI à JEAN PIERRE Répondre en citant

Un grand merci à JP DOS REIS je profite de l'occasion pour le saluer et lui faire savoir que je souhaiterai bien avoir de ses nouvelles .
Cordialement B.NEIMER concurrent n°21
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