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Assistance : Sacerdoce, Amitié ou Tromperie ?

 
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rxmagny



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MessagePosté le: Dim 30 Mai 2010, 19:30    Sujet du message: Assistance : Sacerdoce, Amitié ou Tromperie ? Répondre en citant

Après ma participation au premier Dakar (relatée dans le sujet : 107, un enduriste en Lada, Dakar 79), j’ai remis le couvert l’année suivante grâce, entre autres à l’aide de Monsieur BOURGOGNE des Etablissements POCH qui m’avait réservé un accueil particulièrement cordial (cf l’article cité plus haut). Mon projet initial en 79 était de courir le 1er Dakar avec mon épouse mais il n’avait pas pu être réalisé parce que celle ci m’avait mis au monde une splendide petite fille un mois avant le départ. Sa participation fut donc reportée au Dakar suivant.
C’est au cours de ce 2ème Dakar que je fis la connaissance d’un gars qui reste 30 ans plus tard un indéfectible copain : André TROSSAT. Il s’avéra très rapide comme pilote et particulièrement sympa et de bons conseils comme concurrent. On se tirait gentiment la bourre mais il était meilleur que moi et je dû me contenter de la 2ème place des Lada à l’arrivée, derrière lui. Cette année là, les Etablissements POCH, importateurs LADA s’étaient intéressés à la course et avaient engagé deux autos, l’une aux mains de Jean Claude BRIAVOINE, l’autre aux mains d’un équipage féminin, avec Christine DACREMONT, les deux autos ont abandonné… L’assistance était sous la conduite d’André DELIAIRE, une figure que j’ai continué à voir assez longtemps après mais retombé aujourd’hui, à regret, dans l’oubli. André si tu m’entends…




J’avais la chance extraordinaire d’avoir pu préparer ma voiture dans les ateliers de POCH à Bezons et de bénéficier de pas mal de conseils et de beaucoup d’amitié de l’équipe technique, en particulier de notre ami DELIAIRE.





A la fin de la deuxième édition, au vu de nos résultats, nous fûmes honorés par la maison POCH. TROSSAT gagna une Niva, moi, un chèque. André TROSSAT gagna également un volant chez POCH pour l’année suivante et moi j’ai demandé si on pouvait me confier le volant du camion d’assistance. Cette faveur me fût accordée, grâce, en grande partie à Jean Claude BRIAVOINE qui m’avait surnommé la SERNAM (qui était à l’époque le service livraison de la SNCF devenu aujourd’hui Géodis). Cette appellation pas forcément flatteuse me convenait bien. Je n’étais pas le pilote le plus flamboyant mais je me targuait d’être très régulier ce qui m’avait en son temps valu un article très flatteur au cours du Pernod Irish Trophy en Irlande, épreuve d’endurance moto tout terrain. Cette régularité me permit de terminer classé honorablement les deux premiers Dakar.
Je me suis donc retrouvé au départ de ce 3ème Dakar aux commandes d’un magnifique petit camion MAN préparé en partie chez TROSSAT qui avait un garage dans le Jura, près de LONS le SAULNIER, à l’Etoile, où j’avais beaucoup de plaisir à me rendre pour bénéficier de son agréable compagnie devant un verre de blanc local !!!




L’assistance LADA de chez POCH était assurée par notre camion et un magnifique MAN 6 roues motrices aux mains d’Aldo et Jocelyn ainsi que d’un certain GALLAND qui s’évaporera rapidement sans laisser de trace…
Mon premier exploit fut de m’enliser lamentablement dans un bourbier du terrain militaire sur lequel se courrait le prologue. Je me croyais le roi de l’adhérence compte tenu de ma longue expérience de trialiste et d’enduriste, mon égo en prit un coup car je n’avais pas très glorieusement commencé mes prestations au volant de ce camion. Ce gage d’inexpérience me fit réfléchir et fût sûrement profitable. Quelle ne fût pas ma surprise de voir comment, après l’épreuve, un char est venu m’extraire de mon bourbier comme un fétu de paille… Impressionnant !
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rxmagny



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MessagePosté le: Dim 30 Mai 2010, 20:36    Sujet du message: Répondre en citant

J’étais jeune et plein d’illusions. Il faut bien cela pour se lancer dans une telle aventure. J’avais, de la vie, une image peu enthousiasmante que je pensais non méritée et je ne demandais qu’à l’améliorer.
Me retrouver là dans une atmosphère chaleureuse avec l’excitation autour de l’événement que représente le Dakar me comblait.
J’avais trouvé auprès d’André une chaleureuse amitié. Les week ends passés dans le Jura étaient source de plaisir et d’apaisement. Son garage, moi qui aimait tant la mécanique, était un peu la maison du Père Noël dans le cadre de verdure boisée féerique du Jura. Jean Claude , de son côté, s’avérait un homme de très bonne compagnie. J’appréciais beaucoup l’homme et j’admirais le pilote. Quelques kilomètres effectués en place droite me montraient le gouffre qui séparaient nos talents de pilote. Quelques week ends passés chez lui dans l’Eure m’avaient appris à le connaître et certains de ses traits de caractère qui me rappelaient mon père, favorisèrent le lien qui nous unissait. Jean Claude aimait beaucoup discuter et ces longs moments d’échange étaient souvent enrichissants. Son enthousiasme me plaisait.
Au sein de la maison POCH, j’ai déjà parlé de l’accueil reçu par Monsieur BOURGOGNE de grande qualité. Les Etablissements POCH étaient un bien familial. Je connus le père en premier, créateur de l’entreprise. Je fis connaissance du fils, Jean Jacques ensuite, manager désormais de l’entreprise et il me sembla que s’installait entre nous un courant de sympathie. Cet homme raffiné était de la même année de naissance que moi ce qui paraissait nous rapprocher en dépit de nos origines bien différentes. Il me regardait d’un oeil que je croyais complaisant mais un peu surpris de voir le médecin que j’étais, plongé dans le cambouis et la compétition dans laquelle je m’investissais à fond pour porter haut les couleurs de son entreprise.




A y repenser aujourd’hui, c’était un peu : « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Ah regretté Jean YANNE !
Ma minable prestation déjà relatée au cours du prologue ne me valu pas de remarque et j’en étais bien content. Notre périple nous conduisit jusqu’à Alger, doucement bercés par la Méditerranée.
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slava1975



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MessagePosté le: Dim 30 Mai 2010, 20:49    Sujet du message: dakar Répondre en citant

Merci Christian!!!!
Merci, Merci, Merci pour votre article et photos .
Thank you ,Thank you,Thank you for your story & pictures .
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Jeff



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MessagePosté le: Dim 30 Mai 2010, 22:07    Sujet du message: Répondre en citant

Pour compléter les propos de Christian, voici quelques photos de lui lors de ce fameux prologue:

Jusque là, tout va bien:




Suivez la flèche!!!:


Le char d'assaut qui sortit Christian (et les autres!!) du bourbier:


Merci encore Christian et ...A+
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rxmagny



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MessagePosté le: Lun 31 Mai 2010, 00:51    Sujet du message: Répondre en citant

Jeff, un grand merci de ces photos. Je n'ai aucune photo du prologue et les découvre donc avec plaisir. Merci encore.

Christian
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rxmagny



Inscrit le: 20 Avr 2009
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MessagePosté le: Lun 31 Mai 2010, 01:35    Sujet du message: Répondre en citant

L’arrivée à Alger est toujours aussi émouvante. Le cadre de la rade est magnifique et la découverte de la ville en arrivant depuis la mer me fait chaque fois vibrer.
Cette année encore, la traversée du Sahara s’effectue par un itinéraire différent comme à chaque fois et je suis content d’enrichir mon vécu de ces options de pistes nouvelles.
L’ambiance dans l’équipe est assez chouette et tout est encore beau !
Chaque jour, nous nous battons avec la piste pour arriver au mieux. Nos voitures nous attendent plusieurs heures à l’arrivée. Nous partons nettement plus tard qu’elles et nos vitesses sont évidemment beaucoup moindres. Chaque soir, nous arrivons assez fatigués bien sûr et retrouvons nos petits amis frais douchés et désaltérés. Je suis rapidement frappé par plusieurs observations.




Pratiquement jamais un mot d’encouragement et de remerciement pour notre régularité et notre assiduité à être là le plus tôt possible. Une fois, j’ai même eu une nuance de reproche sous entendant que nous avions dû prendre des risques … Un jour même, j’entendrai BRIAVOINE dire que pour lui, l’idéal serait que nous soyons hors course et qu’il serait préférable pour se faire qu’il déchira nos cartons de contrôle dès le départ!!! Ainsi, pour lui, nous ne prendrions plus de risque insinuant que nous « jouions à la course » comme d'autres jouent à la guerre. Plus castrateur, tu meurs !!!
Sur le coup, je n’ai pas bien compris ce qu’il y avait dans sa tête d’autant que les camions hors course ne devaient, en principe plus suivre l’itinéraire du rallye mais seulement rallier les étapes interdisant ainsi toute intervention « au long de l’étape ». Cette idée me paraissait saugrenue et aussi et surtout très désagréable, pour le moins peu encourageante. C’est à partir de ce jour que j’ai commencé à voir les choses sous un autre œil et que ce merveilleux monde du rallye a commencé à se craqueler. Ceci me paraissait contradictoire avec le fait qu’il était souvent surpris que nous arrivions « si vite!». En fait, je n’avais pas réfléchi qu’en arrivant rapidement (!), c’est la vie de nos mécanos que nous simplifiions. Eux, les pilotes, ils n’en avaient rien à faire, ça n’était plus leur boulot.
Evidemment ce genre de constat, outre qu’il altère un peu l’enthousiasme, ternit un peu l’ambiance. En fait d’ambiance, elle était gravement assombrie surtout par la constatation de l’absence totale de considération pour nous. Pendant les trois semaines de course, il n’est jamais arrivé que qui que ce soit parmi l’équipage des voitures ne s’enquièrent de notre état et de nos éventuels problèmes ni ne nous ait acheté la moindre boisson à l’étape pour nous permettre de nous désaltérer simplement à notre arrivée… Quand on sait que de surcroît à l’heure où nous arrivions, il n’y en avait presque toujours plus, chercher l’erreur. C’est là que j’ai commencé à comprendre que nous n’étions pas du tout des copains. Pour les copains on a des attentions. Nous avions simplement en commun la passion de la course, ce qui nous réunissait, mais nous étions là pour remplir une tâche, un point c’est tout. Le sentiment n’y avait aucune place. La complicité des soirées dans l’Eure était totalement envolée. J’ai pensé au début que cela était en partie lié à la tension de la course. Que neni, calmement, nous n’avions que notre travail à faire, un point c’est tout, tant pis pour les illusions d’équipe soudée et fraternelle !!! Evidemment, avec André TROSSAT, les choses étaient plus simples parce que dans la vie il était aussi mécanicien ce qui le rapprochait de nous, mais le seigneur BRIAVOINE n’avait que faire des manants que nous étions. C’est à son service que nous étions, point c’est tout.
Je le formule d’une manière un peu violente mais cette violence était le reflet de l’agressivité qu’il mettait dans la compétition et qu’il estime normale et indispensable. On ne peut être ami avec un compétiteur pendant une compétition. Ce qui est évident pour les initiés à la course devenait une découverte pour moi. C’était pourtant une évidence que je n’avais pas su prévoir. Il me semblait que nous étions loin de la F1. Chez Citroen, je n'ai pas perçu que Monsieur ICKX était ainsi...




Vers la fin de la course, je suis allé sortir un concurrent (Range 217) enlisé sur les berges du fleuve qu’on devait traverser à gué. J’en avais l’interdiction mais à ce stade de la course, je ne risquais plus d’écouter ce genre d’ordres peu humains.
Progressivement, l’attitude de BRIAVOINE fût efficace, parce qu’au plaisir d’être là succédait lentement la notion de travail à accomplir qui prenait sa place.
Il restait gratifiant pour nous de bien faire ce travail et ça nous a permis de continuer à se motiver, mais ça n’était plus pour des copains.
J’eu la surprise d’observer qu’un début de fronde se manifestait aussi dans d’autres équipes d’assistance. Il y avait une étape marathon en Afrique Noire et nous avons décidé avec d’autres camions de « vivre notre vie », organisant une pause repos et déjeuner et surtout nous permettant de passer quelques bons moments ensembles. C’était bienvenu dans une étape de 27 ou 28 heures…
L’atmosphère devenue joyeuse avec les autres camions était chouette dans l’ensemble parce que comme nous n’attendions plus rien de positif des « nôtres », nous ne risquions pas d’être déçus. Nous étions donc redevenus heureux.
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rxmagny



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MessagePosté le: Jeu 03 Juin 2010, 00:54    Sujet du message: Répondre en citant

Il faut savoir que mener à bien un camion sur les pistes quand on a bataillé en voiture, sans être une promenade de santé est tout de même assez relax. Le camion passe partout (sauf dans le bourbier d’Olivet) pour peu que l’on adapte bien la pression des pneus au terrain. La situation haute de la cabine permet de s’orienter assez nettement mieux qu’en voiture et le hors piste ne nous a jamais posé de problème. On ressent le camion comme indestructible, ce qui n’est pas très éloigné de la vérité, et l’entretien le soir à l’arrivée est une rigolade par rapport à l'époque où je courrais en voiture auprès desquelles il nous arrivait de passer de longues et nombreuses heures de mécanique. Dommage que nous n’ayons pas eu une petite boisson à l’arrivée, ça aurait eu un goût de Club Med’…
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Jeff



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MessagePosté le: Jeu 03 Juin 2010, 09:47    Sujet du message: Répondre en citant

N'en déplaise à la modestie de Christian, et pour rebondir (sans mauvais jeu de mot) sur les dires d'Aldo concernant la lecture de piste, l'expérience des deux Dakar passés et sûrement aussi celle de trialiste a fait que tu as fais passer ton camion là où il devait passer!!! Certains ont sûrement du dégonfler leurs pneus et rester tankés, ou se mettre sur un côté!!!
Juste pour rappel, 16 camions étaient inscrits sur ce troisième Dakar, 8 sont arrivés classés et Christian est arrivé 4ème!!!! Y'a pas que la chance!!!
A+
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rxmagny



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MessagePosté le: Jeu 03 Juin 2010, 23:33    Sujet du message: Répondre en citant

Arrivés au Sénégal, pour les 2 ou 3 derniers jours, l’équipe de POCH importateur avait organisé un voyage les conduisant sur les derniers kilomètres avec reconnaissance en avion du parcours. Je pensais naïvement qu’ils nous manifesteraient, eux, une certaine reconnaissance pour le travail pas trop mal accompli. J’étais encore d’une naïveté confondante.
Jean Jacques POCH était accompagné, entre autres de madame G. qui avait la responsabilité des relations avec la presse. Là encore, ma naïveté coupable ne m’avait pas fait entrevoir l’importance des relations avec la presse. Les médias exerçaient sur eux un pouvoir difficile à imaginer pour qui n’y a pas assisté. Il est sûr qu’aujourd’hui, je comprends en partie l’importance des médias mais s’aplatir à ce point devant des mecs pas toujours intègres ni même simplement corrects m’apparaissait hallucinant. Ce en quoi ces mecs n’étaient pas aussi stupides que je peux parfois le dire, c’est que eux, avaient très bien compris la force du pouvoir dont ils disposaient. Leurs désirs étaient exhaussés largement et peu de choses pouvaient leur être refusé. Ils auraient été bien bêtes de ne pas en user.
Déjà, dans les mois qui avaient précédés le départ, la terreur qu’ils exerçaient sur Madame G., par ailleurs assez brillante quoi qu’il en soit me laissait songeur.
Ça n’est pas la valeur du produit qui est importante pour une société mais son image véhiculée dans les médias !!! Si les commentaires sur la Niva étaient bons, c’est qu’elle était très bonne ! Donc, comment obtenir de bonnes critiques ? La servilité ne peut pas être exclue.
J’ai très conscience d’être un peu paléolithique dans ce monde, mais je croyais encore à certaines valeurs morales.
Inutile de vous dire que le quiproquo avec l’équipe POCH a continué, moi dans l’amitié et le travail, eux dans l’intérêt, chacun son but et sa méthode.

POCH et Judas


Au retour à Paris, quelques mois après, j’avais demandé à rencontrer Jean Jacques POCH pour lui demander (toujours naïf), s’il ne pouvait pas y avoir moyen d’obtenir des conditions un peu favorables à l’achat d’une Niva pour le gars qui travaillait avec moi et qui avait fait le 1er Dakar également avec moi sur la Niva.
Je me suis retrouvé dans un bureau gigantesque, reçu par Jean Jacques avec un demi sourire dont je ne parvenais pas bien à discerner la condescendance. Après les propos faussement amicaux d’usage, Jean Jacques se déclara flatté mais surpris que je vienne le voir et s’est enquis de se que je devenais... J’ai ensuite reçu une grande claque quand je me suis fait renvoyer dans les cordes pour avoir eu le culot de demander une faveur pour un tiers. De quel droit stupide me permettais-je de demander? L’amitié, pensais-je. Quelle amitié ? Circulez, y a rien à voir. Grand moment de solitude.
Il est plus facile de comprendre qu’on ne fera plus appel à un élément aussi anachronique et peu contrôlable que moi pour les prochains Dakar. D’ailleurs, le mécanicien que je convoyais, un brave gars, surtout brave, qui ne cessait de dire que tous les africains qu’on rencontrait « étaient des fainéants puisqu’on les voyait toujours en train de palabrer sous les arbres de leur village au lieu de bosser! » (sic), ce gars au jugement si subtil avait expliqué à Jean Jacques que ce que je faisais au volant du camion, il saurait le faire lui aussi sans problème et aussi bien.
L’année suivante il hérita donc du volant, et retourna rapidement la situation, et le camion qu’il détruisit avec des dommages corporels sévères… C’est dommage mais, c’est fou ce que ça peut paraître facile de voir faire quelqu’un quand il sait faire. Ça l’est souvent moins de le faire soi même ensuite… Pas de regret, je crois même qu’il a payé trop cher sa suffisance, son incompétence ou sa c….
Est-il utile de préciser que je n’ai ensuite eu des nouvelles que des deux André, DELIAIRE et TROSSAT. Eux étaient vraiment des amis.
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José



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Messages: 1047

MessagePosté le: Ven 04 Juin 2010, 06:53    Sujet du message: La vérité Répondre en citant

Derrière la poussière se cache parfois des réalités aussi dures que des rochers enfouis... Elles sont pourtant bonnes à dire et éclairent nos souvenirs de ces épopées d'une lumière plus juste.
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Jeff



Inscrit le: 07 Sep 2004
Messages: 2538
Localisation: Roanne

MessagePosté le: Ven 04 Juin 2010, 07:54    Sujet du message: Répondre en citant

José, encore une fois, parle comme un juste....
Ce Dakar tel qu'on l'aime est avant tout une aventure humaine... avec ses bons côtés de l'humain et ....ses moins bons côtés!!!!
Claude Brasseur disait qu'un homme se révèle à lui même et aux autres dans un Dakar.... Ce n'est donc pas surprenant de lire ton récit , Christian, et celà nous permet de ne pas oublier ces vérités sur nos Dakar d'antan!!!!
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aldo 312



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Localisation: saint-etienne

MessagePosté le: Ven 04 Juin 2010, 10:11    Sujet du message: ou l'art d'etre bien accompagné Répondre en citant

Je comprends Christian et son amertume,les roles des deux camions n'etaient pas les memes.Nous ,nous n'avons jamais pu aligner plus de deux cents kms sans intervention mecanique sur un vehicule de concurrent!.Joce et moi avons pu faire la difference d' ambiance dans le MAN avant et apres Tombouctou(defaillance physique du troisieme larron).Ce fut certainement un mal pour un bien,et je ne suis pas sur que l'equipée ne se serait terminée en pugilat sans cette defection.Sans bonne ambiance point de salut!.Je pense que pour Christian ,certaines etapes ont du lui paraitre bien longues!...Nous ne nous sommes jamais mis la pression,d'une part parce que ce mot ne semblait pas faire partie du vocabulaire de Joce'et d'autre part,notre but n'etait pas d'etre au plus pres des vehicules de course assistés par le "team".C'est pour cette raison que les impressions ressenties par l'un et l'autre des equipages "camions" peuvent parfois paraitre antagonistes.La seule consolation possible est d' avoir rempli sa mission avec le sentiment du devoir accompli et cela n'à pas de prix...Amities à tous .Pierre-Claude GILLIER
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rxmagny



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MessagePosté le: Ven 04 Juin 2010, 10:30    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Aldo de ton intervention. Cependant, je n'ai pas d'amertume vis à vis du Dakar mais j'ai eu, parce que j'étais naïf, une certaine désillusion croyant être parti avec des amis ou des copains...
Du Dakar lui même, je garde un très bon souvenir car j'ai rapidement compris que je ne devais pas attendre de marque de reconnaissance du joyeux zozo pour qui on faisait l'assistance. Les pilotes sont décrits comme égoïstes et c'est peut-être nécessaire. De toutes façons je ne pensais pas être dans une oeuvre de charité.
Il y eut plein de choses positives et je les raconte surtout sur l'autre sujet MAN 312 et parmi celles-ci, votre présence à Joce et à toi.
Tout n'a pas été négatif, loin de là.
Je pense par contre qu'il n'est pas mauvais de raconter les coulisses, même si c'est un peu désabusé.
Ce Dakar m'a laissé de tels souvenirs quand même que j'ai toujours rêvé de le refaire en camion... mais c'est resté un rêve...
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